Historique du Château

Son architecture aux lignes simples et imposantes fait de ce château-fort l’un des plus harmonieux de la région. Sa situation fut choisie pour être la place forte avancée du château de Duras. Duras est situé à une vingtaine de kilomètres au sud et il appartenait aux ducs du même nom.

Gageac faisait face à un autre château d’importance considérable, La Force, se trouvant sur les coteaux qui lui font face. Il y avait peut-être quelques risques d’animosité entre ces deux duchés.

Le donjon

À l'origine, cette place forte était uniquement constituée d’une tour carrée en pierre que l’on appelle « donjon », (à l’est) elle date du XIIe siècle. Ce donjon, alors défendu par des fortifications en bois, était le seul bâtiment en pierre. Son accès se fait au niveau du premier étage par l’intermédiaire d’une échelle que l’on enlevait lorsque les assaillants s’en approchaient. Il est constitué de deux pièces principales :

  • l’une que l’on appelle « salle des gardes » située dans la partie la plus élevée, éclairée par une fenêtre. Son accès se fait par un escalier assez curieux, qui a été construit dans l’épaisseur des murs.
  • l’autre pièce sans lumière ou presque, éclairée seulement par un soupirail, dont l’accès est au premier étage et le sol au niveau du rocher : les « oubliettes ». Plus judicieusement c’était la réserve de nourriture ou d’armes. Pour y descendre, il fallait utiliser l’échelle qui servait à accéder à la tour.

Au XIVème , Gageac s’est agrandi, un autre bâtiment séparé du « donjon » fut construit pour loger les troupes (le corps de bâtiment). Il était possible de passer de l’une à l’autre des constructions par une passerelle amovible au niveau du premier étage.

Des douves sèches entouraient les bâtiments  sur les côtés Est,Sud et Ouest, le nord étant protégé par des marécages. Un second mur d'enceinte, flanqué d'échauguettes et de tours se situait à l'extérieur de ces douves.

C'était une place forte, que l'on appellerait en terme moderne une caserne.

Les Anglais ont envahi la région. Gageac fut brûlé, reconstruit, mais le « donjon » resta intact.

En 1377,Le Roi Charles V décida de reprendre la ville de Bergerac et envoya son frère le Duc d'Anjou; mais celui-ci ne sentant pas capable fit appelle au Connétable Du Guesclin.

Après la prise du château de Duras, Du Guesclin vint devant Gageac en fit le siège pendant cinq jours. Les Anglais n’ayant pas prévu suffisamment de nourriture se rendirent sans combattre.


Agrandissements

Le château fut transformé en habitation par les Gaillard de Durfort, sires de Duras, puis par les d’Essenault de Castelnau, ensuite par les du Reclus qui chacun l’embellirent pour le rendre plus vivable. Les Doussaut de la Primaudière puis leurs descendants, la famille de La Verrie de Vivans l’occupent depuis plus de six générations.

Au XVIIe siècle

En 1650, le château fut  agrandi par l'adjonction d'une tour suplémentaire dont la charpente est l'oeuvre d'un architecte maritime.

On supprima un étage intermédiaire, de grandes ouvertures furent ouvertes pour que l'intérieur soit baigné de lumière.

Le corps de logis fut surmonté par des mansardes, trois doubles au nord et deux simples au midi ; il en reste une sur la façade sud puis Gageac fut oublié.

Au XIXe siècle

Les bâtiments étaient en très mauvais états, il a été décidé de les faire renaître avec les techniques modernes, l’escalier principal fut doublé en volume,la distribution intérieure fut modifiée, dans le donjon on ouvrit une fenêtre à meneaux supplémentaire à l’est.

Le XIXe siècle, époque du romantisme : on décida d’accéder par une allée de cèdres du Liban. Elle fut partiellement emportée par les deux dernières tempêtes, en 1999 et 2009.

Une terrasse au nord a été créée avec les remblais des anciennes fortifications et une porte monumentale fut ouverte.

Le XIXe fut aussi l’apogée des essais de techniques nouvelles. Des mûriers furent plantés le long de la route  pour l’élevage des vers à soie, ce fut une grande réussite.